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En 1994 j’entrai pour la première fois aux Beaux-arts de Tourcoing, à cot&eacut12 novembre, 2008 5:28ancienne clinique des Ursulines de la ville où je suis né.
Après avoir quitté l’école suite à mon DNAP, je devais trouver du travail, et ma peinture s’est alors dirigée d’elle même vers quelque chose de vendable, d’alimentaire.
Malheureusement le figuratif, c’est bien beau, mais je sentais que je perdais pied, que je m’éloignai de l’esprit des Beaux-arts, du caractère d’une œuvre contemporaine, bien vivante celle là, moderne, quelque chose que j’avais envie de montrer, d’exprimer.
C’est pour cela qu’en 2006 je me suis réinscrit aux Beaux-arts, pour retrouver cet esprit, cet incubateur d’idées, ce lieu où les esprits se rencontrent et s’émulent les uns les autres.
Je devais utiliser la peinture, car depuis toujours c’est elle qui m’habite, qui me fait vivre, qui me fait m’exprimer.
Puisque la première chose que je devais faire en sortant des Beaux-arts c’était de pouvoir survivre, je me suis penché sur la question, un peu comme Gauguin « qui sommes nous , ou allons nous ? », une sorte de questionnement sur l’homme, son rapport moderne avec les médias et la publicité, ce qui nous rends névrosés, ce qui abîme notre vraie nature, nous qui sommes des esprits portés par la chair, un corps fragile qui -en général- se détériore plus vite que la pensée.
L’être humain est pour moi constitué de chair, de muscles, d’os, d’eau.
Ainsi, je citais Alembert: « Il faut dans la chair, montrer l’homme à lui- même, moins pour le révolter par l’horreur du portrait, que pour l’affliger par la ressemblance »
C’est donc cela au départ que je voulais montrer, la chair pour elle même, celle que l’on prend pour un jouet parfois, celle qu’on ne respecte pas, celle qui est si fragile, celle qu’on drogue et qu’on enfume, celle qui, pour les publicitaires, n’est que de la chair à vendre, pour les militaires, de la chair à canon.
Je ne pouvais cependant procéder à des interventions chirurgicales sur un être humain comme l’ont fait Léonard da Vinci (Etudes anatomiques, 1510), ou Rembrandt (La leçon d’anatomie, 1632).
J’avais donc à ma disposition de la chair dans les supermarchés, la plus représentative étant la côtelette, car constituée d’os, de graisse, de chair.
Cependant, en peignant ces côtelettes, je n’arrivais pas à exprimer véritablement le sentiment que j’éprouvais alors, et je cherchais en vain en peignant d’après nature, sans atteindre mon but.
Je décidais alors de me rapprocher de plus en plus de cette chair, de zoomer dessus, de faire des gros plans.
En cherchant à m’approcher de la chair, je la pénétrai, m’enfonçai en elle de manière symbolique.
Je m’aperçu que cette viande c’était moi après avoir lu un ouvrage d’analyse sur l’œuvre de Jung (Et la voie des profondeurs, Editions la fontaine de pierre).
Je cherchais de moins en moins à représenter correctement la viande, me contentant de plus en plus de trouver dans ces compositions quelque chose d’agréable, de contemplatif, de méditatif.
En cherchant dans la viande je venais de réaliser que ce que j’exprimais, c’était mon fort intérieur, ce qui m’habitait, ce que devait exprimer mon inconscient.
C’est ce qui allait donc découler de mes recherches, une nouvelle façon de peindre finalement pour moi, quelque chose qui me donnait envie de le faire, qui me perdait, qui me soûlait presque, j’étais dans la viande et le rouge, enfin je savais quoi exprimer…
Mes petites compositions étaient destinées à être réalisées en plus grand, à la manière des Rothko ou des Richter (Abstracts Bildt 741 – 1 – 2 – 3 200x200 cm).
Ma peinture devenait de plus en plus pour moi une activité de méditation, de perdition, où je perdais toute notion du temps, où mon pinceau guidait mes yeux, où mon sentiment du jour me guidait plus vers le rouge, ou plus vers le violet.
Ici je me perdais presque dans un paysage chinois, là je glissais entre les nuages.
J’y retrouvais des Simon Hantaï dans l’utilisation des coulures (Peinture, 1959), des faux marbres (Chapelle Scrovegni, Padoue), des strates géologiques quand je traversais l’épiderme, inconsciemment.
L’informe, la couleur, les embus, la matité, la brillance et la luminance tout cela m’intéresse dans le sens où ces outils de représentations font apparaître des images nouvelles, une manière de peindre totalement nouvelle pour moi, une sorte de renaissance.
Nuageuse, éthérée, libre, sensible, vaporeuse.
On peut la comparer à des ciels sous soleil couchant, à une étude sous microscope, à une analyse de minéraux, à une image nouvelle sortie de mon inconscient.
Ma chair exprime ma pensée, mon corps exprime mon inconscient et se complait dans ces images sorties tout droit de mes visions, oniriques, instantanées.
J’ai donc utilisé cette liberté d’action dans ma peinture pour réaliser une nouvelle toile, proche de mon sentiment intérieur, dans une couleur transcendante – bleu - afin de servir ma peinture, exprimant cette nouvelle humeur, cette nouvelle tendance, me permettant de continuer mon travail de réflexion, de recherche, de contemplation, de méditation.
Je vous laisse apprécier ici, la valeur du travail accompli.
Stéphane Dillies
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Petit Historique
1975 Naissance à Tourcoing le 21 Avril, rue des Ursulines
1980 Participe, avec son père Yvon Dillies, à des séances de peinture avec le peintre CHRIS
1986 Fasciné par les peintures à l'huile de son père, Stéphane continue de dessiner
1987 Arrivé à Nice, il se met à utiliser la gouache pour peindre insectes et paysages de la région
1990 De retour depuis 2 ans dans le Pas de Calais, Stéphane fait à 15 ans sa première exposition de gouaches au Kursaal de Berck sur mer
1991/1992 Deux années consécutives, il participe à des expositions municipales à Etaples sur mer en y exposant ses premières huiles
1994 Bac Mécanique en poche, il entre aux Beaux-Arts, rue des Ursulines, exécute sa première fresque au R.U. de Tourcoing
1995/1996 Stagiaire chez Stephan Barron, Artiste. Travaille également pour l'artiste Tania Mouraud.
1997 Exposition à l'Eglise Sainte Marie Madeleine de Lille avec notamment l'artiste Stephane Cauchy, récemment primé à la jeune création Française.
1998 Sort avec son premier diplôme des Beaux-Arts, son travail est axé sur les "sculptures-machines" interactives. Première fresque chez Mercedes
1999 Exclu des Beaux-Arts pour désaccord
1999/2004 Se remet à la peinture, rencontre Eugène Leroy qui lui redonne confiance en son travail
2004 Réintégration aux Beaux-Arts
2006 Obtient son dernier diplôme. Deuxième fresque chez Mercedes
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